L’encartage cérébrale de Damasio

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L’encartage cérébrale de Damasio:
« Quand vous admirez La Joconde ou écoutez l’une de vos œuvres musicales préférées, ce n’est pas seulement votre cerveau qui est mobilisé, c’est votre corps. Émotions et sentiments, même les plus complexes, reflètent une dynamique que l’on commence seulement à explorer. Elle implique des cartes neurales qui traduisent l’activité du corps, dans toutes ses dimensions. »
Pour Antonio Damasio, neurologue Americain d’origine Portugaise à l’University of South Carolina, on ne peut penser la conscience sans y inclure le constant monitoring d’une boucle affective au sein de laquelle le cerveau et le corps se répondent continuellement (par le système végétatif, le système endocrinien etc…)
Damasio défend l’idée que nos pensées conscientes dépendent substantiellement de nos perceptions viscérales. Pour lui, la conscience se construit à l’écoute du milieu somatique intérieur (notamment via l’insula) et ce monitoring a évolué parce qu’il nous permet d’utiliser ces états somatiques pour marquer, ou si l’on veut, évaluer, les perceptions extérieures. D’où son concept de marqueurs somatiques qui décrit la façon dont les perceptions du monde extérieur interagissent avec les émotions du monde intérieur. L’objet de recherche de Damasio est de comprendre la chaîne complexe des événements cérébraux qui commencent avec l’émotion et s’achèvent avec le sentiment. Émotions d’abord, sentiments ensuite, qui sont les plus évolués des cinq niveaux de régulation homéostasique automatisés, après la régulation immunitaire, celle des principes douleur/plaisir, celle des besoins/motivations. Pour décrire le processus par lequel le cerveau traduit en sentiment, Damasio utilise la notion d’encartage cérébral:
« l’idée avait déjà été émise de manière un peu floue, par le grand psychologue William James, voilà plus d’un siècle. Il disait que les sentiments sont une perception du corps modifiée par l’émotion. En réalité, la perception n’est pas nécessairement celle du corps lui-même, mais celle des cartes neurales construites dans les régions du cerveau qui traitent les informations venues du corps. Ces cartes sont une sorte de thermostat sans cesse régénéré. Certaines parties sont comme une champ directeur dont les états d’activité forment une carte. A chaque instant, une collection de configuration neuronales cartographie l’état de l’organisme dans toutes ses dimensions. Face a une menace physique, par exemple, le corps réagit de manière involontaire: c’est la peur, émotion qui mobilise les muscles lisse des viscères. Ce faisant, un faisceau de signaux somatosensoriels est véhiculé par le système nerveux, mais aussi par des molécules qui passent par la circulation sanguine. Cet ensemble de signaux modifie les myriades de cartes existant à l’instant précédent. Ce mécanisme de cartographie est complètement inconscient, mais c’est lui qui fournit le contenu des sentiments, traduction des émotions dans le domaine de l’esprit. Et bien sûr, le contenu peut devenir conscient. »
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C’est l’encartage cérébral continu des états du corps (somatognosie, aires pariétales droites) qui forme l’émotion, en réponse à un « stimulus émotionnellement compétent ». Cette théorie de l’encartage cérébrale est une hypothèse scientifique forte. Elle est déjà étayée par un grand nombre de données et peut être enrichie et testée à mesure des progrès expérimentaux.
« Elle me parait éclairer d’un jour nouveau le vieux problème, d’habitude mal posé, des rapports entre le corps et l’esprit. L’esprit est désormais envisageable dans la perspective du corps, non plus seulement dans celle du cerveau. L’esprit est meublé par le corps, il est habité par lui. Cela dit, il faut bien voir les limites de l’hypothèse. Elle ne rend pas compte de la manière dont les structures neurales deviennent des images mentales. C’est un pas vers la solution de problème, ce n’est pas la solution. »
Les émotions sont liées à des phénomènes externes (perceptions) et interne (somatognosie) et à la comparaison des deux en temps réel. On peut dire que le système somatosensoriel constitue le substrat précoce des émotions, que celles-ci participent au modification de l’état intérieur.
Damasio propose la séquence suivante: perception-émotion-image-sentiment…
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